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Les œuvres d’art de Philippe Starck : dix réalisations qui ont changé notre regard

Découvrez les œuvres d'art de Philippe Starck qui ont marqué le design. Dix créations iconiques expliquées avec passion. À voir absolument.


Éléonore CastelFondatrice · Galeriste, Lyon
17 août 2026 · 18 MIN DE LECTURE

Il y a un presse-agrumes posé sur un comptoir de cuisine qui ressemble à une créature venue d’ailleurs , trois pattes effilées, une tête bombée, un silence presque arrogant. C’est Juicy Salif, et c’est l’une des œuvres d’art de Philippe Starck les plus photographiées, les plus débattues, les plus aimées aussi, même par ceux qui avouent ne jamais s’en servir. Né en 1949 à Paris, Starck lance sa carrière dans les années 1980 avec une conviction rare : l’objet du quotidien mérite autant d’attention qu’une toile de maître, une chaise peut tenir debout comme une sculpture, un hôtel peut changer votre façon de voir le monde. Des chaises transparentes Kartell qui capturent la lumière d’un après-midi jusqu’aux pièces de table Alessi qui trônent dans les musées de design, de ses intérieurs d’hôtels devenus cultes à ses collaborations architecturales les plus audacieuses , nous vous proposons un parcours à travers dix réalisations qui ont, chacune à leur manière, déplacé la frontière entre l’utile et le beau.

En bref :

  • Philippe Starck, né le 18 janvier 1949 à Paris, est l’un des designers les plus prolifiques et les plus controversés du XXe et XXIe siècle.
  • Ses créations couvrent le mobilier, l’architecture d’intérieur, les objets du quotidien et les projets hôteliers à l’échelle mondiale.
  • Parmi ses pièces les plus connues : la chaise Louis Ghost (Kartell), le presse-agrumes Juicy Salif (Alessi) et la lampe Miss K (Flos).
  • Ses œuvres sont présentes dans les collections permanentes du Centre Pompidou et de l’Indianapolis Museum of Art, entre autres institutions.
  • La cote de ses pièces de mobilier en vente aux enchères varie de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros selon la rareté et l’état.
  • Starck défend une philosophie du design démocratique et écologique, parfois critiquée pour ses contradictions entre discours et production industrielle.
  • Son influence sur le design contemporain reste considérable depuis les années 1980, même si certains critiques questionnent la profondeur de son engagement éthique.

Philippe Starck : qui se cache derrière les œuvres d’art ?

Il y a des objets qui vous arrêtent net. Pas parce qu’ils crient, mais parce qu’ils tiennent , debout, seuls, avec une évidence presque agaçante. La première fois qu’on pose les yeux sur un presse-agrumes Juicy Salif, on ne sait pas si on doit l’utiliser ou l’encadrer. C’est exactement là que commence Philippe Starck.

Né le 18 janvier 1949 à Paris, Philippe Starck grandit dans un univers de plans et de maquettes. Son père, André Starck, est ingénieur aéronautique , un détail qui n’est pas anodin. Dans cet atelier familial où les formes naissent avant les mots, le jeune Philippe apprend à penser en volumes, à raisonner par l’objet. Ce rapport instinctif entre forme et fonction ne le quittera jamais.

Il entre à l’École Nissim de Camondo à Paris, l’une des grandes écoles d’arts appliqués françaises, avant de faire ses premières armes dans l’industrie. En 1968, à tout juste 19 ans, il devient directeur artistique de la maison Pierre Cardin , une responsabilité vertigineuse pour un homme si jeune, dans une maison de couture qui redéfinit alors l’idée même du style français. C’est là qu’il comprend que le design n’est pas une discipline isolée : c’est une conversation entre l’objet, celui qui le fabrique et celui qui le vit.

L’ascension des années 1980 est fulgurante. En 1982, François Mitterrand lui confie la rénovation des appartements privés de l’Élysée , une commande symbolique, presque politique, qui propulse Starck sur la scène internationale. Son agence, fondée à Paris, devient en quelques années l’une des plus influentes d’Europe. Il brouille les frontières : ni tout à fait architecte, ni tout à fait designer industriel, ni artiste au sens strict , mais un peu tout cela à la fois. En savoir plus sur l’art décoratif et ses grands artistes.

DécennieDomaine dominantRéalisation pharePartenaire clé
Années 1980Architecture d’intérieurRénovation de l’Élysée (1982), Café Costes (1984)État français, Pierre Cardin
Années 1990Design d’objetsJuicy Salif (Alessi, 1990), Hôtels Delano et RoyaltonAlessi, Ian Schrager
Années 2000Mobilier grand publicLouis Ghost (Kartell, 2002), ligne TargetKartell, Target
Années 2010-2020Design écologique & hôtellerieMama Shelter, projets de maisons préfabriquéesMama Shelter, diverses marques

Ce que les fiches biographiques ne peuvent pas vraiment restituer, c’est la cohérence étrange de cette trajectoire : un homme qui passe de l’Élysée à la brosse à dents, de l’hôtel de luxe new-yorkais au tabouret de supermarché, et qui, dans chaque cas, semble poser la même question fondamentale , à quoi sert vraiment cet objet, et comment peut-il être plus beau qu’il n’est ?

Infographie des œuvres d'art de Philippe Starck : mobilier, objets, architecture, hôtels et design écologique

Les dix réalisations iconiques parmi les œuvres d’art de Philippe Starck

Entrer dans l’univers des œuvres d’art de Philippe Starck, c’est un peu comme parcourir une galerie où les étiquettes indiquent non pas des prix de vente aux enchères mais des usages quotidiens. Chaque pièce a une histoire. Chaque forme, une intention.

Nom de l’œuvreAnnéeFabricant / CommanditaireCatégorieCe qui la distingue
Louis Ghost2002KartellMobilierChaise Louis XVI revisitée en polycarbonate transparent , la mémoire du passé dans un matériau du futur
Juicy Salif1990AlessiObjet du quotidienPresse-agrumes en aluminium qui tient davantage de la sculpture que de l’ustensile
Miss K2003FlosLuminaireLampe de table en polycarbonate translucide, élégance minimaliste et lumière diffuse
Romeo Moon1996FlosLuminaireSuspension en verre soufflé, poésie industrielle suspendue au plafond
Café Costes1984Costes (Paris)Architecture d’intérieurPremier café design de Paris, chaise à trois pieds devenue icône
Royalton Hotel1988Ian Schrager (New York)Architecture hôtelièreRedéfinit le lobby d’hôtel comme espace de vie théâtral
Mama Shelter2008Mama Shelter (Paris)Hôtellerie designConcept d’hôtel accessible et chaleureux, décliné dans plus de 15 villes
Vélo Peugeot1996PeugeotDesign industrielVélo urbain au cadre épuré, design pensé pour la ville moderne
Dr. No1996KartellMobilierChaise empilable en polypropylène, robustesse et légèreté réconciliées
Ara1988FlosLuminaireLampe de table en chrome dont la forme évoque une tête d’oiseau , fonctionnelle et sculpturale

Plusieurs de ces pièces ne sont pas seulement dans les salons ou les restaurants : elles ont rejoint les collections permanentes de l’Indianapolis Museum of Art et du Centre Pompidou, consacrant leur statut d’objets culturels à part entière.

💡 Astuce : repérer une pièce Starck authentique

Les pièces authentiques portent toujours la signature gravée ou moulée du fabricant officiel (Kartell, Alessi, Flos) et le nom du designer. Sur le marché de l’occasion, méfiez-vous des prix anormalement bas : une Louis Ghost neuve chez Kartell coûte entre 180 et 250 €. En dessous de 60 € sur un site de revente, il s’agit très probablement d’une copie non autorisée. Vérifiez également la qualité du polycarbonate : l’original est parfaitement limpide, sans bulle ni déformation.

Design d’objets, mobilier et architecture : les trois visages des œuvres d’art de Philippe Starck

Le design d’objets : quand l’ordinaire devient œuvre d’art

Il y a quelque chose de presque provocateur dans le geste de Philippe Starck : prendre une brosse à dents, un presse-agrumes, une passoire , des objets que l’on range sous l’évier ou qu’on perd au fond d’un tiroir , et les transformer en sculptures domestiques. Le Juicy Salif, lancé pour Alessi en 1990, en est l’exemple le plus cité. Cette araignée d’aluminium aux longues pattes effilées presse mal les citrons (Starck lui-même l’a reconnu), mais tient debout sur un plan de travail comme une petite pièce de musée. Prix actuel : entre 80 et 120 € selon les revendeurs.

La collaboration de Starck avec Kartell, entamée dans les années 1990, a introduit le polycarbonate transparent comme matériau noble du design contemporain. Ce plastique haute performance, léger et quasi indestructible, devient sous ses mains une signature visuelle immédiatement reconnaissable. Les couverts pour Alessi, les lampes pour Flos, les brosses à dents pour Fluocaril , chaque objet pose la même question : et si le quotidien méritait mieux que l’indifférence ?

Le mobilier signé Starck : s’asseoir dans une œuvre

La Louis Ghost (Kartell, 2002) est sans doute la pièce de mobilier la plus photographiée de ces vingt dernières années. Une chaise Louis XVI , avec ses courbes baroques, ses pieds cambrés, son dossier médaillon , moulée d’un seul tenant en polycarbonate transparent. Le résultat est saisissant : la mémoire du XVIIIe siècle rendue presque immatérielle. Prix neuf : 180 à 250 €. Le tabouret Charles Ghost et la chaise Masters , hommage simultané à Jacobsen, Saarinen et Eames , complètent cette famille de pièces pensées pour rendre le beau accessible.

🛋️ Conseil : intégrer une pièce Starck sans effet showroom

Une Louis Ghost fonctionne mieux en pièce unique ou en paire qu’en série de six autour d’une table. Mélangée à des matières chaudes , bois brut, lin, rotin , elle perd son côté catalogue et gagne en personnalité. Évitez de l’associer à d’autres pièces transparentes : le cumul des effets vitreux crée une froideur que Starck lui-même n’aurait pas souhaitée.

Les éditions spéciales existent (coloris dorés, fumés, roses), et certaines séries limitées atteignent des prix bien supérieurs sur le marché de la revente. Les coloris disponibles aujourd’hui chez Kartell vont du cristal au gris anthracite, en passant par un bleu nuit très élégant.

L’architecture et les hôtels : des espaces comme des œuvres d’art de Philippe Starck

Avant d’être un designer d’objets, Starck a été un architecte d’atmosphères. Le Café Costes (Paris, 1984) est souvent cité comme le premier café design de l’histoire française , un espace où l’on venait autant pour voir que pour boire. Le Royalton Hotel (New York, 1988), puis le Delano Hotel (Miami, 1995), redéfinissent le lobby comme scène de vie, presque comme une installation permanente.

La rénovation des appartements privés de l’Élysée en 1982 reste l’un de ses mandats les plus symboliques. Et Mama Shelter, ouvert à Paris en 2008, représente peut-être sa réussite la plus durable dans ce domaine : une chaîne désormais présente dans plus de 15 villes dans le monde, qui a su rendre le design d’hôtel chaleureux et accessible sans le dénaturer.

⚠️ Attention

Plusieurs projets architecturaux de Starck ont été critiqués pour avoir privilégié l’effet visuel sur la fonctionnalité réelle. Certains clients d’hôtels ont signalé des problèmes d’ergonomie (éclairage insuffisant, rangements inexistants) dans des espaces pourtant spectaculaires. Le design de Starck est parfois plus convaincant à regarder qu’à habiter au quotidien , un paradoxe que ses détracteurs soulèvent régulièrement.

Collaborations, musées et cote des œuvres d’art de Philippe Starck

Les grandes collaborations : Kartell, Alessi, Flos et au-delà

Ce qui distingue Philippe Starck de nombreux designers de sa génération, c’est la cohérence de ses alliances industrielles. Il ne s’agit pas de collaborations ponctuelles, mais de partenariats durables, construits sur une confiance mutuelle et une vision partagée.

MarqueDomainePièce emblématiqueDébut de collaboration
KartellMobilier en plastiqueLouis GhostAnnées 1990
AlessiObjets de cuisine et de tableJuicy Salif1990
FlosLuminairesMiss K, Ara, Romeo MoonAnnées 1980
TargetGrande distributionLigne démocratique2002
Duravit / Axor-HansgroheSalle de bain, robinetterieCollections Starck 1, 2, 3Années 1990-2000

Avec Kartell, le partenariat dépasse les 20 pièces co-créées. La Louis Ghost seule s’est vendue à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde , un chiffre qui dit tout sur la portée réelle du design démocratique. Pour Alessi, outre le Juicy Salif, Starck a conçu la bouilloire Hot Bertaa et la passoire Max le Chinois, deux pièces tout aussi sculptées, tout aussi discutées. Chez Flos, la lampe Miss K et la suspension Romeo Moon sont devenues des classiques de l’éclairage contemporain.

La collaboration avec Target aux États-Unis à partir de 2002 marque un tournant : pour la première fois, Starck signe une ligne complète d’accessoires pour la grande distribution, à des prix accessibles à tous. Une cohérence avec son discours, même si certains y voient une dilution de la signature.

Présence dans les musées et estimation de la cote

Il y a quelque chose d’étrange et de beau à voir une chaise en polycarbonate derrière une vitrine de musée. Comme si l’objet du quotidien avait finalement rejoint le rang des œuvres d’art qu’il a toujours voulu être. Le Centre Pompidou à Paris conserve plusieurs pièces de mobilier et d’objets dans sa collection design permanente. L’Indianapolis Museum of Art possède également des pièces emblématiques, tout comme le MoMA de New York et le Design Museum de Londres.

Pour la cote, il faut distinguer plusieurs marchés :

  • Pièces de série courante : une Louis Ghost neuve chez Kartell se négocie entre 180 et 250 €. En occasion, on trouve des exemplaires entre 80 et 150 € selon l’état.
  • Éditions limitées et coloris rares : les versions dorées ou fumées atteignent plusieurs milliers d’euros sur le marché de la revente.
  • Pièces de prototype ou de collection : elles peuvent dépasser 10 000 € en vente aux enchères, notamment pour des mobiliers de commande unique.
  • Sculptures et pièces rares : jusqu’à 15 000 à 20 000 € pour les réalisations les plus singulières.

Pour les amateurs qui s’intéressent aux grands noms du design et de l’art décoratif, la cote de Starck reste relativement stable, portée par la reconnaissance institutionnelle et la popularité durable de ses pièces phares.

⚠️ Attention aux faux et copies

Le marché de l’occasion regorge de copies non autorisées, notamment pour la Louis Ghost et le Juicy Salif. Ces répliques, souvent produites en Asie, ne portent pas les certifications de qualité des originaux et peuvent présenter des défauts de solidité. Avant tout achat sur une plateforme de revente, vérifiez la présence du logo du fabricant officiel (Kartell, Alessi) et demandez une photo des marquages intérieurs. La différence de prix avec un original est souvent le premier signal d’alerte.

Philosophie, controverses et influence durable des œuvres d’art de Philippe Starck

On ne peut pas parler des œuvres d’art de Philippe Starck sans parler de ce qu’il dit , parfois plus fort que ce qu’il crée. Starck est un designer qui pense à voix haute, qui théorise, qui prophétise. Cette posture est à la fois sa force et sa vulnérabilité.

Sa philosophie tient en quelques mots qu’il répète depuis des décennies : le design doit être démocratique, juste et bon. Un objet qui n’est accessible qu’à une élite est un objet raté. Cette conviction l’a conduit vers Target, vers Kartell, vers des projets de maisons préfabriquées à bas coût. Elle l’a aussi conduit à des prises de position publiques fracassantes , notamment lors de conférences au Centre Pompidou à Paris , où il a déclaré que le design était peut-être en train de mourir, ou du moins de se transformer radicalement face aux enjeux écologiques.

Mais les critiques ne manquent pas. On lui reproche une contradiction fondamentale : défendre l’écologie tout en produisant des millions d’objets en plastique. Prôner la sobriété tout en multipliant les hôtels de luxe. Parler de design pour tous tout en signant des intérieurs à plusieurs millions d’euros. Ces tensions sont réelles, documentées, et méritent d’être posées clairement plutôt que balayées d’un revers de main.

On lui reproche aussi une certaine complaisance dans l’auto-promotion , une tendance à occuper le devant de la scène médiatique parfois au détriment de la substance. Certains critiques, notamment dans la presse spécialisée anglophone, estiment que la réputation de Starck repose autant sur son talent de communicant que sur la qualité intrinsèque de ses œuvres.

Ces critiques ne signifient pas que l’œuvre est sans valeur. Elles signifient qu’elle mérite d’être examinée sans complaisance, avec la même rigueur qu’on appliquerait à tout créateur d’envergure.

Questions fréquentes sur les œuvres d’art de Philippe Starck

Où peut-on voir des œuvres d’art de Philippe Starck dans des musées ?

Plusieurs grandes institutions conservent des pièces de Starck dans leurs collections permanentes. Le Centre Pompidou à Paris expose notamment des créations emblématiques issues de sa période la plus fertile. L’Indianapolis Museum of Art, aux États-Unis, possède également plusieurs objets de design signés Starck. Le Museum of Modern Art (MoMA) de New York a intégré certaines de ses chaises et luminaires à ses collections. Ces présences muséales attestent d’une reconnaissance institutionnelle forte, bien au-delà du simple objet de consommation courante.

Combien coûte une chaise Louis Ghost originale de Philippe Starck ?

La chaise Louis Ghost, éditée par Kartell depuis 2002, est l’une des pièces les plus accessibles de la production de Starck. Son prix public oscille généralement entre 150 € et 200 € l’unité selon les revendeurs agréés. En édition spéciale ou coloris limité, ce tarif peut grimper sensiblement. Sur le marché de l’occasion, les exemplaires en bon état se négocient entre 80 € et 130 €. C’est l’une des rares œuvres d’art de Philippe Starck à portée de presque tous les budgets, sans compromis sur la qualité de fabrication.

Le Juicy Salif d’Alessi est-il vraiment une œuvre d’art ou un simple ustensile ?

La question fait débat depuis sa sortie en 1990. Le Juicy Salif , presse-agrumes en aluminium coulé à la silhouette d’araignée lunaire , est fonctionnellement discutable : il laisse passer les pépins et son aluminium réagit à l’acidité des agrumes. Starck lui-même a déclaré qu’il était conçu pour déclencher des conversations, pas pour presser des citrons. Le MoMA l’a intégré à ses collections permanentes. Objet de design, sculpture fonctionnelle ou provocation conceptuelle : les frontières restent floues, et c’est précisément ce qui en fait une pièce fascinante.

Quelle est la philosophie de design défendue par Philippe Starck ?

Starck défend une vision du design comme acte politique et humaniste. Pour lui, un objet bien conçu doit améliorer la vie de celui qui l’utilise, mais aussi questionner sa relation au monde. Il prône la démocratisation du beau , rendre l’excellence accessible au plus grand nombre , tout en rejetant le luxe ostentatoire. Plus récemment, il s’est engagé sur des questions écologiques, remettant en cause la production d’objets superflus. Cette tension entre création prolifique et discours anti-consumériste est l’une des contradictions les plus stimulantes de sa démarche.

Comment distinguer une pièce authentique de Philippe Starck d’une copie ?

Les œuvres d’art de Philippe Starck éditées par des maisons comme Kartell, Alessi ou Driade portent systématiquement un marquage officiel sous la pièce : logo de l’éditeur, référence du modèle, parfois numéro de série pour les éditions limitées. La qualité des matériaux est un premier indicateur , un polycarbonate trouble ou un aluminium terne trahit souvent une contrefaçon. Acheter auprès de revendeurs agréés ou de galeries de design certifiées reste la garantie la plus sûre. Pour les pièces vintage, un certificat de provenance ou une facture d’origine renforce l’authenticité.

Starck demain : faut-il collectionner ses œuvres dès aujourd’hui ?

On sort de l’univers de Philippe Starck comme on sort d’une bonne exposition : légèrement déstabilisé, et définitivement plus curieux. Les œuvres d’art de Philippe Starck couvrent un spectre qui n’appartient qu’à lui , du presse-agrumes qui interroge l’utilité à l’hôtel qui réinvente l’hospitalité, de la chaise empilable transparente au projet architectural qui redessine un quartier. Rarement un créateur aura autant brouillé les frontières entre l’art, le design et l’objet du quotidien.

Leur présence dans les collections du Centre Pompidou, du MoMA ou de l’Indianapolis Museum of Art n’est pas anecdotique. Elle dit quelque chose d’essentiel : ces pièces ont une valeur qui dépasse la mode et l’usage. Elles tiennent dans le temps, elles tiennent dans l’espace.

La question de la collection mérite d’être posée sans faux-semblants. Certaines pièces restent remarquablement accessibles , moins de 200 € pour une Louis Ghost, quelques dizaines d’euros pour un Juicy Salif d’occasion. D’autres, prototypes ou éditions limitées, relèvent d’un investissement à part entière, avec une cote qui ne faiblit pas sur le marché secondaire.

Mais le vrai conseil, celui qu’on donnerait à un ami hésitant devant une vitrine, c’est celui-ci : ne choisissez pas une pièce Starck pour le nom sur l’étiquette. Choisissez-la parce qu’elle change quelque chose dans votre pièce , la lumière autour d’elle, l’air qu’elle déplace, la façon dont elle tient debout, seule, et rend tout le reste un peu plus vivant.

Éléonore Castel
ÉLÉONORE CASTEL · FONDATRICE

Quinze ans de galerie sur la Presqu'île de Lyon, l'École du Louvre en bagage, et une conviction : le beau n'est pas une affaire de budget, c'est une affaire de regard.

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